Pour les PME et ETI aussi, l'IA doit devenir une réalité

Pour les PME et ETI aussi, l’IA doit devenir une réalité

L’intelligence artificielle est déjà partout

L’iPhone, qui capte plusieurs heures de notre attention chaque jour, est un formidable concentré d’intelligence artificielle : il se déverrouille en reconnaissant le visage de son propriétaire, il analyse nos habitudes d’utilisation pour suggérer l’ouverture d’applications, il fait office d’assistant personnel à qui on peut demander par commande vocale d’effectuer des recherches ou d’envoyer des messages, il trie nos photos automatiquement en fonction des visages qui apparaissent dessus.

Demain, nos voitures seront autonomes, nos réfrigérateurs s’occuperont de nos courses alimentaires et les ordinateurs remplaceront nos médecins pour les diagnostics médicaux… L’intelligence artificielle est déjà omniprésente dans notre quotidien et est en train de bouleverser nos modes de vies.

Une évidence pour les grandes entreprises

Cette nouvelle réalité, qui nous est plus tangible chaque jour, n’épargne pas le monde économique : l’entrée dans l’ère de l’intelligence artificielle marque le début d’une nouvelle révolution industrielle. Modes d’organisation et de travail, relations avec le client, appropriation de la valeur, cycle de vie des entreprises, barrières à l’entrée… l’intelligence artificielle chamboule tous les équilibres existants.

Ainsi, le PDG de CISCO, John Chambers, dans une interview donnée aux Echos fin 2015, estimait que 40 % du business d’aujourd’hui n’existera plus d’ici 10 ans. Il déclare aussi que tous ses concurrents d’il y a 15 ans ont disparu, « parce qu’ils n’ont pas su se réinventer » et que « dans ce nouveau monde, il n’y a pas de position acquise ».

Les grands groupes internationaux en prennent déjà la mesure à leurs dépens, parce que confrontés frontalement à la concurrence des leaders mondiaux de l’intelligence artificielle (GAFA notamment).

Par exemple Tesla, spécialiste des véhicules électriques et pionnier dans la course au véhicule autonome, devance désormais Ford en capitalisation boursière. En d’autres termes, une jeune firme californienne de moins de 15 ans, qui compte 13 000 employés et qui a produit 84 000 véhicules en 2016 pour un chiffre d’affaires de 7 milliards de dollars vaut désormais plus qu’une entreprise centenaire, qui emploie près de 200 000 personnes et qui produit 6,7 millions de voitures pour 151,8 milliards de dollars de revenus.

Cet écart de capitalisation boursière traduit l’importance de l’écart de potentiel de création de valeur entre un acteur économique traditionnel et un acteur qui met la donnée et l’intelligence artificielle au cœur de sa stratégie et de son produit, pour une création de valeur dans la durée.

Une urgence pour les PME et ETI

Si les grands groupes, souvent par réflexe défensif, font leur entrée dans l’ère de l’IA avec d’importants moyens, des plans stratégiques de transformation et une réinvention de leurs modèles d’affaires, la plupart des PME et ETI n’ont pas pris la mesure de la révolution qui est en marche.

Ainsi, une étude BPI – Le Lab révélait récemment que 87% des dirigeants d’entreprises de taille intermédiaire ne font pas de la transformation digitale une priorité stratégique pour leur entreprise, alors qu’il s’agit pourtant d’un prérequis pour entrer dans l’ère de l’IA. De même, 47% estiment que l’impact du digital sur leur activité ne sera pas majeur d’ici 5 ans.

La nouvelle révolution industrielle concerne pourtant autant les ETI et les PME que les grands groupes ! D’autant que les géants de l’IA et du numérique ainsi que les start-ups tech élargissent en permanence leurs champs d’activité et menacent ainsi l’ensemble des acteurs économiques.

Il y a donc urgence à ce que les dirigeants prennent conscience des bouleversements en cours, sans quoi la compétitivité et la survie des PME est fortement menacée, et par la même la vitalité de notre tissu économique le plus dynamique : 80% des emplois créés ces vingt dernières années ont été créés par des PME.

Le dirigeant est le mieux placé pour entraîner son organisation

Les défis qui attendent les PME sont immenses. Il s’agit, à la lumière de l’intelligence artificielle et de la data, de repenser :

  • Le modèle d’affaires: anticiper en quoi les mécanismes de création de valeur sont susceptibles d’évoluer ;
  • L’organisation: apprendre à travailler de façon agile et modulable pour absorber des changements profonds et intégrer les évolutions rapides et permanentes, adapter le rôle de chaque direction pour y intégrer de nouvelles expertises (IA, data, digital), choisir les technologies et les solutions appropriées, ajuster les budgets ;
  • La relation client/consommateur: intégrer le client dans un processus de co-création de valeur, dans lequel ce-dernier remonte de l’information sur son parcours d’acquisition et/ou l’utilisation du produit (produit connecté générateur de data).

Rentrer dans l’ère de l’IA est ainsi un changement profond de culture d’entreprise. Le dirigeant est le seul à avoir la légitimité et le leadership nécessaires pour porter le risque managérial (et éventuellement actionnarial), susciter l’adhésion globale de toutes les parties prenantes, et anticiper les blocages liés à un tel projet.

D’autant que si la menace est forte, l’incitation à entrer dans cette nouvelle ère est immense, tant l’IA constitue un facteur de production capable de doper la rentabilité des entreprises. Là où la plupart des secteurs ont connu une baisse de la rentabilité ces dernières années, Accenture a évalué les retombées de l’IA dans 16 secteurs (« how AI boosts industry profits and innovation ») d’activité et estimé que l’intelligence artificielle pourrait accroitre la rentabilité des entreprises de 35% en 2035.