Les dirigeants face à la révolution de l’IA et de la Data : l’enjeu de la maturité pour une transformation réussie

On peut observer différents profils et réactions face à la révolution de l’intelligence artificielle et de la Data. A chaque niveau de maturité correspond un type d’accompagnement qui permet d’aider le dirigeant à faire entrer son organisation avec succès dans la nouvelle réalité économique.

Le non-initié

La plupart des chefs d’entreprise n’ont pas encore pris conscience de l’entrée dans une nouvelle révolution industrielle et des enjeux que cela comporte pour leur entreprise. En effet, 87% des dirigeants de PME et ETI ne font pas de la transformation digitale une priorité stratégique. Pourtant, c’est potentiellement la compétitivité de leur modèle économique et plus largement la pérennité de leur entreprise qui est alors remise en question.

L’enjeu premier est alors la formation (de quoi parle-t-on ?) et la sensibilisation, en partant notamment des cas concrets de concurrents qui sont en train de se réinventer.

Le sceptique

D’autres dirigeants ont entendu parler d’intelligence artificielle mais adoptent une attitude sceptique face à ce qu’ils perçoivent comme un sujet pas adapté à leur réalité économique : entreprise trop petite, secteur d’activité ayant trop de valeur ajoutée pour être abordé par des machines, réticence des salariés, etc.

Là encore, la sensibilisation par des cas d’usages de concurrents est efficace. Tout le monde est concerné, y compris les professions nécessitant un haut-niveau d’étude : en 2016, Watson (système d’IA conçu par IBM) a détecté au Japon une forme rare d’une leucémie qui avait échappé aux médecins…

Il est aussi possible d’identifier ensemble et de déployer rapidement un « easy-win » pour concrétiser la réalité du nouveau paradigme économique. Par exemple, Wintics a récemment travaillé pour un dirigeant d’une PME qui commercialise et installe des piscines dans l’Est de la France pour 5 à 10 m€ de CA/an. A priori, il ne s’agit pas de la première activité concernée par la révolution de la Data et de l’IA. Pourtant, nous avons immédiatement identifié un levier majeur de création de valeur. A un moment où le parc français de piscines arrive à maturité, il s’agit de démarcher les propriétaires pour renouveler et maintenir leurs bassins. Comment procéder efficacement ? Nous avons proposé et déployé rapidement un algorithme de « computer vision » qui utilise les images satellites pour répertorier l’ensemble des adresses des maisons équipées de piscines dans une zone de chalandise donnée.

L’enthousiaste

Certains dirigeants ont au contraire déjà eu vent des prouesses de l’intelligence artificielle. Ils savent par exemple que AlphaGo de Google DeepMind a battu Ke Jie, champion mondial du jeu de Go et extrapolent en pensant que l’Intelligence Artificielle va pouvoir tout faire et répondre à tous leurs problèmes business.

Dans ce contexte, l’enjeu d’une entrée réussie dans l’ère de l’IA repose essentiellement sur l’établissement d’une compréhension commune de ce qu’il est possible de faire et de ce qui ne l’est pas. Il est important de préserver l’élan positif qui anime le dirigeant et permet d’insuffler une dynamique de transformation dans son entreprise. Il faut néanmoins réfléchir à un plan réaliste, sans quoi l’expérience serait déceptive et contre-productive.

L’IA ne remplace pas l’homme. C’est plutôt un formidable outil qui lui permet de se libérer de tâches répétitives et de certaines limites cognitives (puissances de calcul, quantité de savoir) pour se consacrer à ses qualités irremplaçables : faire preuve de créativité, poser les bonnes questions, communiquer et surtout dominer la machine.

Par exemple sur des enjeux de fidélisation, l’analyse algorithmique d’une base clients peut permettre d’identifier efficacement les clients qui sont susceptibles de se désabonner afin de les relancer en priorité. Elle peut mettre en lumière les profils des clients les plus fidèles pour privilégier les actions de recrutement les plus pertinentes. Elle peut aussi permettre de déterminer les leviers de fidélisation les plus efficaces parmi l’ensemble des actions mises en œuvre. Elle permet ainsi de mieux guider les actions et prendre de meilleures décisions. En revanche, aucune intelligence artificielle ne pourra à elle seule retenir les clients : elle n’est pas responsable de l’excellence opérationnelle, des choix de positionnement par rapport aux concurrents, de la qualité et de la largeur d’offre, etc.

L’averti 

Enfin, il y a le dirigeant qui est mûr pour lancer un plan de transformation visant à intégrer l’IA à son organisation. Il est souvent passé par une ou plusieurs des phases décrites précédemment :

  • Il est désormais conscient de l’état de l’art en IA et de ce qu’il est possible de faire et de ce qui ne l’est pas ;
  • Il a pensé une équipe et une architecture Data qui pourront mettre les données pertinentes au service des principaux enjeux de création de valeur pour son entreprise ;
  • Il a identifié des « quick-wins » qui peuvent être rapidement intégrés et propose des actions plus long terme qui transformeront son entreprise en profondeur ;
  • Il diffuse sa vision et son enthousiasme et délègue des responsabilités ;
  • Il anticipe les contraintes et les blocages potentiels au changement.